Délégationde Champagne Sud

Engagement Prison : témoignage

Interview de Jocelyne Florentin sur son engagement dans l’équipe Prison à Chaumont.

publié en avril 2019

Jocelyne, qu’est-ce qui vous a poussée à vous engager il y a quelques années pour les personnes en situation de détention ?

Bénévole au Secours Catholique depuis neuf ans, j’ai d’abord été volontaire pour assurer les permanences à « l’accueil prison », qui avait pour vocation d’accueillir les familles avant qu’elles n’entrent au parloir. Ayant été moi-même concernée par l’incarcération d’un de mes proches, que je visitais au parloir, l’attention aux détenus et à leur famille me tenait à cœur et j’ai donc voulu pousser mon engagement.

En quoi consiste aujourd’hui votre engagement, en dehors et à l’intérieur de la maison d’arrêt de Chaumont ?

J’ai intégré le « Collectif prison » qui est un groupe de partenaires incluant le Secours Catholique, l’aumônerie catholique de la maison d’arrêt de Chaumont, la Croix-Rouge, l’UNAFAM 52… Nous effectuons deux temps forts dans l’année : la préparation et la distribution des colis de Noël pour les détenus, où je suis amenée personnellement à me déplacer de cellule en cellule avec les gardiens. Et un ciné-débat au mois de novembre où les participants sont invités à échanger autour d’une problématique, d’une actualité, liée à l’univers carcéral (le groupe prépare actuellement l’édition 2019 autour du thème du bracelet électronique).

Depuis combien de temps menez-vous ces actions, qu’est-ce que cela vous a appris jusqu’ici ?

J’ai assuré les permanences d’accueil des familles deux fois par semaine pendant environ cinq ans. Mais cette activité a cessé il y a quelques années par manque constant de fréquentation. Je fais partie du Collectif prison depuis seulement un an et à ce titre je suis mandatée par le Secours Catholique pour entrer dans la maison d’arrêt de Chaumont une fois par an au moment des colis de Noël. J’ai effectué ma première distribution en décembre 2018 !

Quelles sont vos craintes et vos espérances vis-à-vis de la situation de ces personnes que vous accompagnez directement et indirectement par votre action ?

Ma crainte vis-à-vis des personnes en détention est que leur enfermement finisse par aggraver des situations familiales déjà compliquées. À ce propos, j’ai bon espoir que le bracelet électronique soit de plus en plus utilisé car il peut être un bon moyen de prévention, plutôt que l’incarcération, et participer à éviter la récidive.

Enfin que diriez-vous à un/une bénévole qui souhaiterait s’engager directement ou indirectement pour soutenir les personnes en détention et leurs familles, et qui n’ose pas franchir le pas ?

Je dirais qu’il ne faut pas avoir peur ni reculer devant une action de générosité qui peut apporter du baume au cœur à celui qui la reçoit et qui peut par ailleurs participer à la réconciliation entre les personnes en situation de détention et la société en général.

Pierre Dahlab, animateur

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