Délégationde Champagne Sud

Équipe de Chaumont

Un engagement de vingt années

Témoignage

Bénévole engagée depuis plus de vingt ans, au Secours Catholique Champagne Sud comme trésorière puis responsable de l’équipe de Chaumont, Marguerite Breton, parle de cette expérience et notamment durant cette crise sanitaire. Elle répond aux questions de Serge Cornu Thenard.

Marguerite BRETON

publié en décembre 2020

Pourriez-vous me dire qui vous êtes, Quelle est votre activité au Secours Catholique et depuis combien de temps ?

Je suis arrivée au Secours Catholique après les multiples sollicitations de l’ancien aumônier du Secours Catholique, qui était aussi prêtre de la paroisse. Il me demandait de rejoindre l’équipe du Bureau pour être trésorière. À cette époque-là, je travaillais encore et je n’étais pas disponible, ce n’était pas possible. Une année est passée, et cet aumônier est décédé. Lors de ses obsèques, le délégué, Dominique Gallissot, m’a, de nouveau, sollicitée pour remplacer le trésorier décédé. Ce jour des obsèques du père Viard, j’ai répondu « oui » et me suis engagée au Secours Catholique comme trésorière. En assurant trois mandats de trois ans, j’ai découvert l’association, je la connaissais de nom mais pas spécialement. Je me suis retrouvée au sein d’une famille. C’était ma seconde famille. C’était ma raison de vivre après ma cessation d’activité.

Actuellement, quelle est votre activité au sein du Secours Catholique ?

J’ai continué d’être bénévole, et je suis devenue responsable de l’équipe de Chaumont. Cela fait quelques années… Cela fait plus d’une vingtaine d’années que j’ai mis les pieds au Secours Catholique.

Comment vous êtes-vous sentie bénévole pendant la période de crise depuis le 15 mars, au début du confinement ?

J’ai eu des hauts et des bas dans le moral. Des bas surtout, parce que j’étais entre mes quatre murs et que je ne servais plus à rien. Je me posais vraiment des questions. Cyril, notre délégué à l’époque, m’a trouvé une porte de sortie avant de quitter le Secours Catholique. Il m’a dit : « Tu vas t’occuper chez toi des demandes d’aides faites par les services sociaux ». J’ai assuré avec d’autres bénévoles. Et puis le temps passant, les contacts me manquaient beaucoup. J’ai téléphoné beaucoup. Je crois que mes forfaits de téléphone ont explosé… Il y a eu ces changements d’animateur, changement de délégué, ou plutôt absence de délégué pendant un temps. Je ne le vivais pas très bien. Le temps a passé. J’ai eu des moments de joie, des moments de grâce aussi parce que, si j’ai appelé, il y a beaucoup de personnes qui m’ont appelée. Cela m’a vraiment fait chaud au cœur. Je me disais : « Ta place est encore là. Il faut continuer ». C’était à double sens, quelque chose de fort pendant ce temps de confinement.

Maintenant, on renoue avec les activités. Comment reprenez-vous votre bénévolat ?

Les activités reprennent, mais sans beaucoup de contacts physiques avec les personnes. Je rencontre à peu près les mêmes personnes, et il y a des personnes que j’aurais envie de revoir, qui me manquent. Et toutes ces personnes que je sais seules... Je leur téléphone. J’ai besoin de recueillir leur parole. Il y a toutes ces personnes que l’on n’entend pas, qui ne se plaignent pas, qui sont toutes seules, ces personnes que l’on n’écoute pas beaucoup, qui sont privées de leur famille, de leurs activités. J’ai besoin de partager leurs soucis, mais aussi leurs joies. Pendant le confinement, on a eu connaissance de naissances, de petits bonheurs, de rapprochements dans les familles. C’est quelque chose de fort, qui me fait du bien. J’ai besoin qu’elles sentent que leur présence m’est importante, et je dirais même indispensable. C’est à partir d’elles et avec elles que j’ai envie de mettre en route des actions pour construire cette société plus juste et surtout plus fraternelle. Je sais que sans elles, je ne peux rien faire. C’est à partir d’elles que l’on pourra faire bouger des choses. Faire avancer les choses à partir de leurs besoins, à partir de leurs désirs, de leurs souhaits. C’est ainsi que l’on pourra mettre en place des tas de choses, et pas l’inverse. Ces situations inverses, je les ai connues au début où j’étais bénévole au Secours Catholique. Je me rends compte que l’on était dans l’erreur. Il faut vraiment faire avec ces personnes-là. Elles regorgent d’idées. Elles ont parfois des idées toutes simples, qui sont faciles à réaliser, pas en cherchant midi à quatorze heures, et qui peuvent faire bouger la société. C’est à partir de ces personnes qui vivent des situations de précarité, de solitude, de souffrance que l’on peut faire avancer des choses.

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