Délégationde Champagne Sud

Troyes centre

Le témoignage d’une responsable d’équipe

Territoire Eaux, Bois des Plaines

Liliane Ruellan, responsable de l’équipe Troyes centre du Secours Catholique Champagne-Sud, est interviewée par Serge Cornu Thenard. Voici rapportés ses propos quant à son engagement auprès de l’accueil des plus fragiles, en particulier des personnes étrangères et durant cette crise sanitaire.

Liliane Ruellan

publié en décembre 2020

Liliane, qui êtes-vous, quel est votre lien avec le Secours Catholique ? Depuis combien de temps êtes-vous bénévole et dans quelle activité ?

Je suis au Secours Catholique depuis un certain nombre d’années, mais je ne sais pas depuis quand exactement. Je suis responsable de l’accueil de Troyes centre.

Comment vous êtes-vous sentie bénévole pendant cette crise du mois de mars ?

Je me suis plus sentie bénévole au Secours Catholique pendant ce temps. Mais je dois avouer que cela m’a fait énormément de bien de prendre du recul. Un moment, j’ai eu un peu honte de dire que j’étais au Secours Catholique parce que j’avais l’impression que l’on ne faisait pas grand-chose. Et puis, dès le moment où j’ai appris que tous les étrangers, qui sont la majorité des personnes que l’on reçoit à Troyes Centre, percevaient une certaine somme d’argent par jour et par personne, j’ai compris pourquoi il n’y avait pas de demande, alors que j’avais un téléphone et qu’on pouvait me joindre. Pendant le temps de confinement, il n’y a eu aucune demande d’aide et je me suis reposée.

Après ce premier temps de crise, vous vous êtes battue pour rouvrir ce lieu d’accueil. De quoi avez-vous envie aujourd’hui, de quoi avez-vous besoin ? Comment voulez-vous agir ?

La réouverture s’est faite sur rendez-vous et j’avoue que cette façon d’accueillir les gens est une bonne façon. La leçon positive de la Covid est que maintenant, on accueille les gens un par un, et il n’y a plus la cohue qu’il y avait avant, à l’accueil, et comme j’ai le téléphone chez moi, cela me permet de discuter avec les gens, avec les assistantes sociales. Une relation s’est créée même si elle se fait seulement par téléphone. J’ai compris nouvellement que le Secours Catholique œuvre pour plus de justice, ce qui m’interpelle le plus aujourd’hui. Cela me donne envie de continuer. Je ne sais pas sous quelle forme, mais la politique du don, le don de tickets service, et autre, n’est plus ma priorité. Mais d’œuvrer pour plus de justice, oui. Je l’ai découvert dans une formation que l’on a eue sur l’accueil des migrants. Cela m’est venu lorsque Laurence, qui animait cette formation, nous a parlé de ce qui s’est passé à Calais, quand le préfet a décrété qu’on ne donnait plus de repas aux migrants. Cela m’a semblé tellement injuste que maintenant, c’est ce pourquoi je suis au Secours Catholique.

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