Délégationde Champagne Sud

Équipe de Troyes centre

« Tu sais, je suis sûre que du positif sortira de toute cette situation. » Cette phrase, c’est la responsable de l’équipe de Troyes, Liliane, qui me l’a dite à plusieurs reprises, au printemps dernier. Et au bout du compte, c’est plutôt vrai…

publié en septembre 2017

À la fin d’avril 2017, l’accueil de Troyes centre, situé au 1, rue des Chats, accueille toujours et encore plus de monde. Un mardi matin, certaines personnes accueillies mettent vraiment la pression : « On ne part pas tant qu’on n’a rien reçu. » Liliane et son équipe sont à bout : « Perrine, on ne fait plus du bon boulot, je ne me suis pas aimée ce matin ! »

Nous décidons donc de stopper l’activité pour réfléchir ensemble. Le vendredi, nous décidons d’arrêter ce sentiment d’être un « distributeur automatique de bons alimentaires » : on ouvrira la porte, on donnera d’autres coups de pouce, mais plus d’aide alimentaire… Tentons l’expérience !

Eh oui, les bénévoles ont tenté ! Et comme Liliane l’a dit, du positif en est sorti !

Tout d’abord, cela a entraîné un vaste mouvement associatif. Notre arrêt, suivi par la fermeture encore plus compliquée de l’accueil de jour de la Croix-Rouge, a obligé les associations à construire ensemble : une interpellation des pouvoirs publics d’abord (nous avons été reçus par la préfecture à la fin du mois de juin), puis les prémices d’une collaboration (le Secours Catholique a facilité une solution temporaire d’accueil de jour à la Croix-Rouge dans… des locaux paroissiaux). Dans ces moments partagés, nous avons redécouvert que si individuellement nous nous sentions impuissants, collectivement, nous arrivons à faire avancer les choses.

Ensuite, notre position a été comprise par les partenaires. Dans la semaine qui a suivi la décision des bénévoles, une demande de rendez-vous a émané du conseil départemental. Et loin d’être réticente à notre nouveau mode de fonctionnement, la responsable de circonscription a plutôt été bienveillante. Un nouveau travail en collaboration se profile.

Enfin, et c’est le plus important, les bénévoles ont retrouvé des conditions d’exercice acceptables de leur activité : « on a de nouveau du temps pour parler avec les personnes » ; « on débloque certaines situations, on ne prenait pas le temps de le faire ». Il y a moins de monde, mais plus d’échanges : un monsieur, qui venait voir si nous avions changé d’avis, a été invité à rester faire une partie de dames, et finalement il est resté tout l’après-midi. Et il est reparti avec le sourire…

De ce printemps agité, nous retiendrons donc que dire « stop, ce n’est plus possible » est parfois aussi le début de quelque chose… Merci à tous les bénévoles qui se sont engagés sur ce chemin, parfois avec réticence, d’avoir pris le risque d’accueillir les personnes dans ces conditions.

Perrine Mougel
Animatrice, Secours Catholique Champagne Sud

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