Délégationde Champagne Sud

Équipe de Vendeuvre-sur-Barse

L’expérience d’un engagement

À l’épicerie solidaire

Brigitte Abrioux, responsable de l’équipe de Vendeuvre-sur-Barse, engagée dès l’ouverture de l’épicerie solidaire en mai 2018, témoigne de cette expérience parmi les bénévoles et bénéficiaires et notamment lors de cette crise sanitaire. Elle répond aux questions de Serge Cornu Thenard.

Brigitte ABRIOUX

publié en janvier 2021

Qui êtes-vous ?, Brigitte Abrioux, quel est votre lien avec le Secours Catholique, depuis combien de temps et que faites-vous actuellement ?

J’ai rejoint le projet du Secours Catholique parce que j’avais entendu parler de l’ouverture prochaine d’une épicerie solidaire. C’est quelque chose qui me tenait à cœur. L’occasion s’est présentée. Je suis allée à une réunion à la mairie. J’ai fait la connaissance d’Anne-Fleur et d’autres bénévoles, de toute l’équipe Pluri horizons, engagés dans le projet. Je n’étais pas au départ, proche du Secours Catholique, car je ne suis pas catholique pratiquante. Mais j’aborde déjà là, quelque chose à considérer avec recul, et dont on parlait encore lors d’une formation récente. J’ai trouvé des gens engagés, formidables, humains et des qualités que je qualifie d’humaines et que les catholiques appellent chrétiennes. C’est un autre débat. J’ai rejoint ce grand projet. Cela fait deux ans en mai que l’on est ouvert. Il y a eu une petite période difficile avec le confinement. On a réussi car on a différents partenaires et on a pu maintenir au moins la distribution de paniers aux familles qui en avaient le plus besoin. Pendant cette période, le contact a manqué avec les bénéficiaires qui n’ont pas pu venir. Cela s’est vu lorsque l’on a rouvert l’épicerie : dès que la porte a été ouverte, les personnes ont passé la tête, on a parlé, tout en respectant le masque, la distanciation, bref les consignes.

Comment vous êtes-vous sentie bénévole dans cette période de crise ?

Le fait d’avoir pu ouvrir l’épicerie et d’assurer les distributions alimentaires... On est dans le cadre humain. On peut appeler cela être chrétien, on ne va pas jouer sur les mots. J’ai rencontré des personnes vraiment formidables, engagées, moi je les admire ! J’admire leur foi parce que moi, je n’aurais pas la même spontanéité vis-à-vis de cela. C’est très important leur engagement, aussi bien dans ce projet, que dans leur engagement chrétien. Ce que j’apprécie, c’est le respect. J’ai dit : « Si vous ne m’obligez pas à venir à la messe, je viens dans le projet  ». On a perdu deux bénévoles cet hiver. On s’est arrangés avec d’autres bénévoles pour aller à leur enterrement. J’y allais en tant que représentante de l’épicerie mais aussi parce que je connaissais la personne, je connaissais le mari. Ils ont été très touchés. Ce sont des moments comme cela que l’on partage quel que soit le bord auquel on appartient.

Vous repartez, vous recommencez votre activité avec les difficultés du confinement, la distanciation. De quoi auriez-vous envie, de quoi auriez-vous besoin pour poursuivre votre engagement dans le cadre du Secours Catholique aujourd’hui ?

Il faut pouvoir rouvrir de façon plus importante notre espace convivial, avoir toujours plus de bénévoles. La difficulté, c’est la peur, la fatigue, les soucis personnels. L’engagement diminue quelque part. Il y a un petit noyau dur de bénévoles qui reste, mais la spontanéité que l’on avait lorsque la porte était ouverte, sans restriction de personnes, cela manque un peu. À la limite, il faudrait un local plus grand, ou bien des évènements où on puisse être plus nombreux, plus facilement.

Imprimer cette page

Faites un don en ligne