Délégationde Champagne Sud

Equipe du Vaudois

Maintenir les liens en ces temps de crise

Témoignage

Antoinette Declercq, responsable de l’équipe du Vaudois, malgré la crise sanitaire s’inquiète des personnes les plus isolées et maintient sa bienveillante attention. Elle explique comment elle entretient les liens avec elles.

Antoinette DECLERCQ

Pouvez-vous expliquer votre lien avec le Secours Catholique, si vous vous souvenez depuis combien de temps vous êtes bénévole, dans quel territoire vous agissez et enfin, ce qu’est votre activité ?

Je suis en lien avec le Secours Catholique depuis 2001, date à laquelle on a créé l’antenne ici, à Saint-Parres-lès-Vaudes. Je suis éducatrice spécialisée à la retraite. On a commencé par la mise en place d’un groupe convivial avec un point d’attache au presbytère de Saint-Parres-lès-Vaudes. On accueillait le samedi matin. À part une personne qui venait tous les samedis matin, personne ne venait nous demander quoi que ce soit. Les gens à la campagne se connaissent trop pour franchir le pas et demander de l’aide.

Aujourd’hui, quelle est l’activité sur Saint-Parres-lès-Vaudes ?

Une fois par mois, il y avait deux ateliers : de tricot et de jeux de société. Cela s’appelait Sol à sol « Solitude à Solidaire » pour pallier davantage à la solitude des personnes. Soit nous proposions une petite activité manuelle au moment de Noël, de Pâques, des temps forts, ou soit nous mettions en place des jeux de société tels le Triomino, Rummikub, etc. Et une à deux fois par an, j’ai organisé une sortie avec un pique-nique. Nous avons sillonné l’Aube. J’empruntais le bus de Familles rurales, puis la JSV de l’équipe de foot du village. Mon mari, qui a son permis transport en commun, faisait le chauffeur. On a visité le Musée du fromage, de la poupée. On est allés à Marnay au jardin botanique, à Bar-sur-Aube. On a fait énormément de visites. Mais les personnes, vieillissant, et sans nouvelle relève, j’ai cessé d’organiser les sorties. J’ai poursuivi l’atelier de jeux de société, mais pas celui du bricolage qui ne répondait plus à un besoin ; il se terminait par un goûter, un temps d’amitié. À tour de rôle, les gens apportaient un gâteau.

Et aujourd’hui, que faites-vous ?

Avec le confinement, les jeux de société se sont arrêtés. Depuis deux ans, je ne recevais plus les personnes au presbytère, j’allais à la résidence autonomie les Mésanges, une maison de retraite où les résidents sont autonomes et vivent chez eux dans de petits appartements. Les personnes de cette structure profitent des temps de rencontres autour de jeux. Cela permettait à des personnes âgées en fauteuil roulant ou se déplaçant avec un déambulateur d’assister au groupe Sol à Sol. On a été près d’une vingtaine de personnes. Le confinement est arrivé en mars, et il n’y a plus rien.

Comment vous êtes-vous sentie bénévole du Secours Catholique pendant cette période de crise depuis le 15 mars ?

Pendant le confinement, je suis allée faire les courses pour plusieurs personnes seules. Je les appelais au téléphone pour prendre leur liste de courses ou bien je passais directement prendre leur petit papier. Je faisais les courses et je leur rapportais. J’ai téléphoné à plusieurs reprises pour prendre des nouvelles de celles qui n’avaient pas besoin que je leur fasse les courses. Depuis le confinement, je rends une visite de temps en temps. Cela m’arrive aussi d’emporter le jeu Triomino car c’est le jeu qu’elles préfèrent. La belote, il faut être quatre, cela je ne peux pas. On fait quelques parties de Triomino. En rentrant, je passe les pions au gel hydro alcoolique.

Les activités reprennent plus ou moins facilement. Votre activité de bénévole se poursuit. De quoi avez-vous envie, de quoi auriez-vous besoin en cette période ?

Les temps conviviaux me manquent énormément comme aussi énormément aux personnes qui partageaient ces temps-là. Tout est bloqué. Il n’est pas question que l’on fasse des rassemblements dans la salle à manger ou que l’on utilise les jeux de société. Je vais chez certaines habituées du groupe leur rendre visite. Récemment, j’ai rendu trois visites à la résidence autonomie les Mésanges. Je pourrais organiser l’atelier Jeux au presbytère comme auparavant, mais je ne le ferai pas car je trouve que c’est délicat pour celles qui ne peuvent pas se déplacer. Elles vont se sentir lésées. On va attendre des jours meilleurs en espérant que l’on arrivera à reformer nos groupes conviviaux. Je continue les relations individuelles. Je vais essayer de fabriquer de nouveau des petites choses que je proposerai contre des dons à la sortie de l’église, comme je le fais habituellement. Notre après-midi jeux suivie de crêpes et de gaufres ne se fera pas car le presbytère n’est pas suffisamment grand et puis, à cette époque, on ne peut pas ouvrir les fenêtres ou se tenir dehors.

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