Délégationde Champagne Sud

L’animation du changement social local

L’animation du changement social local, pour le Secours Catholique, c’est un mouvement de fond que l’ensemble des acteurs de notre réseau engage, afin de mettre en œuvre le projet national du Secours Catholique.

publié en octobre 2018

L’animation du changement social local (ACSL) s’inscrit dans les fondements de l’action du Secours Catholique.

Pour Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours Catholique, la démarche ACSL ne constitue pas un « virage à 180 degrés » sur notre chemin mais « un pas de plus » à vivre ensemble dans nos territoires. Ce pas de plus nous demande cependant quelques déplacements dans nos pratiques, mais s’inscrit dans la continuité de l’action du Secours Catholique vécue depuis plus de soixante-dix ans.

Retour dans le temps : Jean Rodhain lui-même estimait que la pauvreté ne pouvait être éradiquée en profondeur que dans la mesure où chaque personne, là où elle vit, se rend solidaire des personnes qui l’entourent. C’était pour lui la mission première du Secours Catholique, celle de l’éveil à la solidarité.

Porter secours concrètement, mais aussi entraîner d’autres personnes de son environnement proche à s’engager dans une démarche de solidarité. C’est cela, le changement social local.

Force est de constater que, peu à peu, au fil du temps et des évolutions, cette mission fondamentale s’est un peu étiolée. Dans un contexte où l’État a renforcé la protection sociale, nous aussi, nous avons mis en place de nouvelles formes d’actions pour soutenir les plus exclus. Nous nous sommes engagés dans des réponses concrètes à des besoins de plus en plus nombreux, mais nous avons un peu perdu de vue notre mission première d’animation et de mobilisation locale de tous.

Tous acteurs pour et dans la société

Aujourd’hui, le constat sur l’état de la pauvreté en France est rude : délitement du lien social, inégalités, chômage de masse… L’action sociale, dans son ensemble, s’est enfermée dans une logique de prestations qui laisse aujourd’hui 9 millions de personnes vivre sous le seuil de pauvreté.

Depuis plusieurs années, le Secours Catholique essaie d’agir autrement…

Par la promotion de la place des personnes en situation de précarité et le renforcement de leur capacité à agir, nous ne voulons pas seulement lutter contre la pauvreté mais construire ensemble la société. L’intuition première de Jean Rodhain s’éclaire alors autrement : le Secours Catholique est bien un lieu d’engagement solidaire pour tous. Lorsque des bénévoles, des salariés, des personnes souffrant de pauvreté et d’exclusion, de tous les milieux sociaux, culturels, professionnels, politiques et confessionnels se rencontrent dans leur diversité, bâtissent ensemble des projets sur un territoire et s’enrichissent mutuellement, il y a une vraie et profonde transformation de la société.

Par l’action en partenariat, nous nous enrichissons des expériences des autres et nous unissons nos forces. Il ne s’agit pas seulement d’agir en réseau pour pallier les manques et les dysfonctionnements, mais d’agir ensemble sur nos territoires.

Par la mobilisation de toutes les communautés chrétiennes dans leur engagement auprès des plus fragiles, c’est l’esprit de la diaconie, l’engagement de tous au service des plus pauvres.

« La marmite commence à bouillir par le fond »

Le projet national 2016-2025 du Secours Catholique, « Ensemble, construire un monde juste et fraternel », nous renforce dans cette perspective puisque nous voulons transformer la société. Dans un contexte où un très grand nombre d’acteurs de l’action sociale prennent fortement conscience de la nécessité de revoir les modes d’actions, notre projet est d’autant plus porteur. Les dispositifs qui s’inscrivent dans une logique d’aide au cas par cas, et qui ne permettent pas le développement des personnes, ne sont pas une réponse pérenne aux problématiques sociétales. Il est donc temps de contribuer au changement localement, là où l’on vit et avec d’autres acteurs. Un proverbe burkinabé le dit de façon plus imagée : « La marmite commence à bouillir par le fond, jamais par le couvercle. »

Un ou deux petits pas de plus…

Ce mouvement ne vise en aucune manière à opposer les différents modes d’actions entre eux : urgence, dépannage, accompagnement individuel, accès aux droits, lien social, action collective, entraide, développement local. Nous sommes déjà en chemin. Nombre d’espaces de rencontre, de convivialité et d’entraide pour retisser le lien social ont été créés. Ce sont ces lieux à dimension collective qui sont le moteur du changement social local.

Reste cependant encore deux petits pas de plus à effectuer :
- Ouvrir ou inventer des espaces d’expression afin d’entendre les aspirations des personnes elles-mêmes pour qu’elles puissent changer la vie de leur quartier ou de leur village.
- Sortir tous ensemble de nos lieux d’accueil et aller au-devant des habitants, des communautés chrétiennes, des partenaires et des institutions, pour partager ces aspirations et se mobiliser ensemble dans une action commune.

Cyril Pierson, délégué permanent
Secours Catholique Champagne Sud

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