Délégationde Champagne Sud

Action internationale

Partenariat Cap-Vert

En avril 2018, un groupe de Champagne-Ardenne est parti en mission dans le cadre du partenariat avec la Caritas Cap-Vert. Membres du groupe, Régine, présidente de la délégation Champagne Sud du Secours Catholique et Denise, responsable de l’équipe de Brienne-le-Château, témoignent et partagent leur ressenti sur ces liens tissés depuis plusieurs années.

Partenariat Cap-Vert

publié en novembre 2018

Toute nouvelle présidente, je me suis laissée accueillir par nos amis du Cap-Vert. Et j’ai pu vérifier rapidement leur joie de nous recevoir, et surtout les liens d’amitié noués, par toutes les questions se rapportant à la vie des équipes et des bénévoles. Communautés du Cap-Vert, équipes de France, de part et d’autre on y porte de l’intérêt. Selon les nouvelles, on se réjouit ou on s’attriste, ensemble. On compte les unes pour les autres !

J’ai pu aussi voir, et vivre un peu, les conditions de vie de toutes ces communautés dans les trois lieux où nous avons été hébergées par des familles, sur l’île de Santiago : Achada Tenda, Longueira, Cha Gonçalves.

Le manque d’eau conjugué parfois à celui d’électricité, les difficultés de mobilité, le manque de moyens, la pauvreté sont partout. Avec mes yeux d’Européenne, je pourrais achopper sur le manque, toujours le manque… Pourtant, toutes ces femmes, ces hommes, ces jeunes, rencontrés, donnent des leçons d’espérance, de débrouille, de solidarité, de vie et surtout de joie. Tout rassemblement est occasion de chants, de danses… Ah, la batouk, le funana, le zouk ! L’expression du corps de ce peuple métissé, gardien de ses origines et fier de sa culture, demande un certain lâcher prise… Je n’ai pas su, personnellement !

Le partenariat qui nous lie avec la Caritas Cap-Vert, et dans lequel nous prenons en charge une part financière de l’animation, s’appuie sur le développement des communautés dans le domaine de l’agroécologie, l’artisanat, l’art culinaire. J’ai pu ainsi découvrir un autre fonctionnement de la Caritas, avec son maillage sur tout le territoire, impliquant les deux diocèses, les deux évêques, les paroisses, les prêtres, les habitants-veilleurs dans les villages, les bénévoles. Tous, autour de la secrétaire générale de la Caritas Cap-Vert et ses salariés, travaillent à combattre la pauvreté pour tendre vers une certaine émancipation financière. La tâche demeure ardue, il y a beaucoup à faire. Le pays est jeune, mené par Amilcar Cabral, le mouvement indépendantiste, qui a gagné en 1975. Depuis, les gouvernants s’efforcent de faire émerger le pays, au plan touristique par exemple, mais les réalités sociales du peuple ont longtemps été oubliées. À cela, s’ajoutent les conditions climatiques difficiles, notamment cette année, avec une grande sécheresse.

Voilà ce à quoi m’a invitée aussi ce partenariat. À porter de l’intérêt à un pays, à sa beauté, à son évolution, à son économie, à sa politique, à sa population. Il y a beaucoup de jeunesse et le pays compte sur elle, car elle est son avenir ! Celui aussi, peut-être, du partenariat… des jeunes qui s’engagent, des amies cap-verdiennes – leurs mères parfois – qui prennent de la distance et semblent laisser la place, des envies et idées nouvelles, des projets qui ont été abandonnés… de nouveaux qui émergent, d’autres qui aboutissent.

À chaque voyage me semble-t-il, des découvertes, des nouveautés, des surprises bonnes ou mauvaises. Au fil des choses de la vie des communautés, les cartes ne cessent d’être rebattues !

- Régine Galmiche -
Présidente de la délégation Champagne Sud
Secours Catholique-Caritas France

Une découverte grandeur nature pour moi qui n’ai jamais quitté l’Europe !

Rencontrer nos amis cap-verdiens m’a apporté un autre regard sur la pauvreté, et sur celle que nous côtoyons en France. Notre civilisation a évolué tellement vite que nous avons privilégié le confort matériel à la solidarité, à l’enrichissement de la rencontre avec l’autre, de la découverte au-delà des apparences, sans que l’argent soit la principale motivation ou nécessité.

J’ai été séduite par :

• La joie de vivre, les rires, les chants, les danses ; mais mieux encore, la découverte de bénéficiaires bénévoles et acteurs de leur présent et de leur avenir.

• Leur capacité à se prendre en charge, à s’entraider et à s’approprie les projets construits ensemble, avec le soutien de Caritas Cap-Vert, et à les faire évoluer au rythme de la présence des nouveaux intervenants (évolution de l’élevage de porcs à Achada Tenda, évolution de l’équipe à Cha Gonçalves…) avec une certaine liberté d’agir.

• Leur courage, leur sens aigu de la famille élargie, de la solidarité, de l’intergénérationnel – tout cela se vit au quotidien et non pas dans quelques rencontres organisées.

• La place de l’Église et de la foi. La joie de « rendre grâce au Seigneur » pour tout ce qui se vit bien.

• Le merveilleux accueil qui nous a été réservé partout où nous sommes allées, qui m’a permis de faire l’impasse sur des conditions de vie parfois difficiles.

• La beauté des paysages malgré la sécheresse persistante.

• L’amour de leur pays mis en avant dès le plus jeune âge et en tout lieu.

Ces valeurs nourrissent notre partenariat, au-delà de l’amitié qui nous lie et nous avons beaucoup à réapprendre de cela. Notre partenariat doit pouvoir leur permettre de poursuivre leur progression, leur capacité à évoluer vers plus de bien-être personnel, à leur rythme et surtout sans perdre leurs valeurs essentielles, au plus près de leurs racines.

Ma plus grande crainte serait que les jeunes quittent leur communauté pour aller à Praia, ou en Europe, chercher un bonheur illusoire et forcément décevant, voire destructeur.

- Denise Valeyre -
Responsable de l’équipe Secours Catholique de Brienne-le-Château

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